Éclairer la brutalité policière

13 mars 2026

Le 15 mars est reconnue comme la Journée internationale de lutte contre la brutalité policière, une journée de solidarité, de commémoration et de résistance qui met en lumière les torts causés par la violence policière et les communautés les plus touchées. Observée pour la première fois en 1997, suite aux appels de militants de base en Suisse et au Canada, cette journée a depuis été adoptée par les mouvements progressistes du monde entier qui réclament des comptes pour les abus des forces de l'ordre et la justice pour ceux qui ont été lésés ou tués par la police. Pour les défenseurs des libertés civiles, cette journée est l'occasion de commémorer les victimes de la violence policière et de réaffirmer l'importance de protéger les droits des membres de la communauté et des militants (en particulier ceux qui sont les plus à risque). C'est aussi un moment pour mettre en lumière les luttes continues contre la répression d'État et pour renforcer les efforts collectifs de défense de nos libertés civiles.

Pour le CLDC, la journée est personnelle. Notre équipe juridique travaille directement avec des survivants dont la vie a été bouleversée par des policiers qui font souvent face à peu ou pas de responsabilité, jusqu'à ce que le CLDC intervienne. Les cas suivants définissent cette réalité.

En 2020, la police de Springfield, Oregon, a collaboré avec des extrémistes racistes et violents pour blesser et intimider des membres de la communauté qui défilaient lors d'une marche pour l'unité des Noirs. La police frappait de jeunes femmes et des mères à coups de poing fermés à la tête, et fracturait les os d'autres personnes lors de ce qui était censé être une manifestation pacifique. Le tribunal s'est prononcé massivement en faveur des plaignants dans cette affaire, autorisant toutes les plaintes à aller en procès, y compris les plaintes pour responsabilité ’Monell“, tenant la ville de Springfield responsable de son échec systémique à former les officiers à agir légalement. Les avocats du CLDC continueront de représenter les clients de Black Unity alors que cette affaire se dirige vers le procès.

“ Ce fut une nuit que je n'oublierai jamais. Il ne s'agissait pas de manifestants vicieux, mais de mères, d'adolescents, de pères, d'anciens combattants et de premiers intervenants. ” – S.H., membre de Black Unity

Au plus fort du mouvement #NoDAPL en 2017, les “ Water Protectors ” se sont retrouvés dans la ligne de mire d’une violence extrême de la part des forces de l’ordre à Standing Rock. Sophia Wilansky, alors âgée de 21 ans, s’était rendue au camp d’Oceti Sakowin en signe de solidarité avec le mouvement mené par les peuples autochtones pour empêcher la construction de l’oléoduc. Alors que Sophia tentait de quitter le pont de Backwater, l’agent Jonathan Moll a tiré une grenade assourdissante directement sur elle, lui détruisant presque le bras. Ses collègues ont ri et l’ont félicité pour son « adresse au tir ». En 2024, un juge fédéral a rejeté sa plainte pour recours excessif à la force, invoquant immunité qualifiée. Le CLDC et Sophia attendent une décision de la cour d'appel après une solide plaidoirie orale en décembre 2025.

“Je pars. S'il vous plaît, ne tirez pas.” – Sophia Wilansky, moments avant d'être abattue

Eric Poemoceah, vidéaste et protecteur de l'eau Comanche, a tenté de négocier pacifiquement la sortie des anciens du campement Oceti Sakowin. Les forces de l'ordre ont réagi par une attaque non provoquée qui lui a fracturé le bassin. Les policiers l'ont ensuite forcé à marcher sur des centaines de mètres jusqu'à un véhicule de police. Le CLDC représente toujours Eric aujourd'hui, alors que l'affaire se dirige enfin vers un procès.

“ Je sais que tu as un travail à faire et une famille à nourrir, mais pourquoi le faire en protégeant le pétrole ? C’est tout ce que nous essayons de faire – protéger l’eau. Tu as un cœur. Tu as une âme. Pourquoi n'es-tu pas honorable et ne déposes-tu pas ton badge tout de suite ? ” – Eric Poemoceah, aux forces de l'ordre avant l'attaque

Ces cas – et ces personnes – ne sont pas des abstractions. Ils sont la réalité vécue de ce qui se passe lorsque l'État retourne son pouvoir contre le peuple qu'il est censé servir. Ce type de violence se produit chaque jour dans les communautés à travers le pays, et dans le monde. Nous le voyons se produire de plus en plus chaque jour avec l'assaut des agents de l'ICE/CBP/DHS non formés, violents et racistes depuis Trump 2.0. En cette Journée internationale de lutte contre la brutalité policière, et chaque année, nous nous tenons aux côtés de chaque personne qui s'est retrouvée face à un officier de police armé et équipé, et qui a vécu leur violence de première main. Nous réaffirmons notre engagement à lutter pour leurs droits au tribunal et au-delà.

Nous vous soutenons, jusqu'à ce que tous soient libres !

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